Université de rentrée du PS 54 – Discours de Bertrand Masson

Université de rentrée du PS 54

Neuves-Maisons, 24 septembre 2016

Chers camarades,

En ouverture de mon propos, je voudrais adresser quelques remerciements :

  • à chacun d’entre vous pour avoir répondu positivement à notre invitation, militants du parti socialiste et du mouvement des jeunes socialistes,
  • aux militants de la section de Neuves Maisons, au premier rang desquels Sylvain et Jessica, mais aussi à Jean-Paul Vinchelin et Herve Tillard pour le soutien apporté à l’organisation de cette journée…
  • aux élus présents, à nos parlementaires toujours fidèles, Chaynesse, Hervé, Jean-Yves, Dominique et Daniel, à Mathieu, président du conseil départemental et à Christian, notre ministre
  • à nos invités, aux représentants du PCF et d’EELV parce qu’ici en Meurthe-et-Moselle, nous savons la richesse de l’union de la gauche, celle à laquelle nous continuons d’aspirer, au secrétaire général de la CFDT 54, représentant des partenaires sociaux, si importants pour notre démocratie sociale et enfin au président de l’université populaire de Vandœuvre et président du centre culturel A Malraux, porteur d’un message humaniste qui fait tellement de bien en cette période difficile

Je veux aller droit au but… Sans détour inutile parce que chacun d’entre vous mesure l’importance du moment politique dans lequel nous sommes.

Aujourd’hui, n’ayons pas peur des mots, notre démocratie est en danger, nos valeurs républicaines sont menacées…

C’est à ce défi que nous devons répondre dans les mois qui viennent.

Je sais que le pessimisme a gagné nos rangs mais ce n’est pas le moment de baisser les bras ! Si étymologiquement militant se rapproche de soldat, c’est bien une armée (pacifique) qu’il faudra lever ces prochaines semaines…

Nous devons le dire fort, nous ne renoncerons pas à défendre nos valeurs, nous ne laisserons pas le débat politique aux mains de l’extrême droite ou d’une droite qui n’a de cesse de lui courir après.

Alors, on fait comment ?

D’abord on défend notre bilan… Et nous avons de nombreux motifs de fierté, comme Christian Eckert nous l’a rappelé avec force… :

COP 21

Engagement contre la menace terroriste au Sahel, en Syrie ou en Irak

60 000 postes d’enseignants

Formation des maîtres

Des droits nouveaux : compte pénibilité, compte personnel d’activités

Retraite à 60 ans pour les carrières longues

Généralisation du tiers payant

Non cumul des mandats

Parité dans les conseils départementaux

Tout n’a pas été parfait, bien sûr… Nous ne sommes pas allés aussi loin qu’on l’avait espéré en 2012, je pense par exemple à l’instauration du droit de vote pour les étrangers aux élections locales… Nous avons même fait des erreurs, reconnaissons-le, je considère pour ma part que la séquence sur la déchéance de nationalité fut la plus grande…

Mais, je vous le dis, l’auto flagellation, ça suffit !

Cela ne sera pas suffisant ; nous devons maintenant engager un travail approfondi pour proposer aux Français un projet, une réponse de gauche aux grands défis qui sont devant nous.

Nous prendrons notre part et, comme je l’avais indiqué en janvier dernier, nous engagerons cet automne la rédaction d’un manifeste que nous adresserons à tous les candidats à la primaire.

Ce que je crois savoir, c’est que notre projet doit être solide sur ses bases ; il ne peut se construire en écho aux propositions de nos adversaires ou des sondages d’opinion.

C’est pourquoi nous ne pouvons accepter que la question de l’identité en soit le cœur. Non pas qu’il s’agisse d’une question secondaire, mais quand on est socialiste, on place au cœur de son projet la question sociale !

C’est pourquoi, aux propositions ultra sécuritaires de la droite, nous devons affirmer la primauté de l’état de droit, le droit à la sécurité pour tous et promouvoir la fraternité comme une arme contre le terrorisme.

C’est pourquoi nous devons engager la transition vers un nouveau modèle de développement, plus respectueux de la planète et plus soucieux du progrès social, vers une économie plus sociale et plus solidaire.

C’est pourquoi nous devons continuer à défendre l’éducation, la culture, l’éducation populaire comme des vecteurs puissants d’émancipation et du vivre ensemble à l’heure où la haine du voisin est partout.

Ce projet, il sera déterminant parce qu’il serait illusoire de croire que nous pouvons l’emporter en 2017 en ressortant les vieux slogans des années … : « au secours, la droite revient » !

Un bilan , un projet… Une méthode choisie collectivement… Les primaires…

Une grande majorité de militant les souhaitaient, elles se dérouleront fin janvier, vous le savez. Les primaires sont à la fois l’occasion d’un grand débat démocratique, l’occasion de clarifier nos choix et nos orientations, l’occasion d’une rencontre avec les Françaises et les Français… Ce rendez-vous est aussi un acte de rassemblement ; parce que tous les candidats qui concourront à ce scrutin s’engagent bien naturellement à soutenir celui qui l’emportera.

Sitôt les modalités connus, nous organiserions autant de débats que nécessaire. En 2011, nous avions montré qu’on était capable de débattre dans le respect de nos diversités. Rien, même si le contexte a changé, n’empêche de penser que nous serons cette fois encore à la hauteur. Je lance ici un appel à la mobilisation ; nous avons l’ambition de mettre en place plus de 80 bureaux de vote dans le département, dans tous les territoires, au plus près de chaque habitant.

Le rassemblement, il doit aussi s’opérer à l’échelle de la gauche. Je connais la situation politique ; ça ne me fait pas changer d’avis ; je reste un farouche défenseur de l’union de la gauche. Nous aurons à travailler à ce rassemblement parce que la gauche ne l’emporte que si elle est unie, et à l’inverse, les derniers scrutins nous montrent que quand le PS s’effondre, c’est toute la gauche qui s’effondre. En tout cas, en Meurthe et Moselle, nous sommes disponibles pour ce dialogue.

Alors, chers camarades, chacun d’entre nous à une responsabilité, celle maintenant de retourner dans sa section et de convaincre que tout reste possible pour 2017. Jamais le résultat d’une élection présidentielle n’est connu sept mois avant le scrutin. Et comme nous le rappelle l’adage : « il n’y a que les combats que l’on ne mène pas qui sont perdus d’avance ».

Je vous remercie pour votre attention.